Aux heures glorieuses des anciennes matinées d’automne, on voyait parfois descendre dans la poussière de la route, escorté d’arbres et de collines, un de ces princes anonymes et solitaires qui alors régnaient seuls sur ce pays…
Quel message celui-ci portait-il à l’acropole détruite, quels événements l’avaient-ils précédé, quels échos s’étaient-ils répercutés déjà de vallon en vallon…
Les gens partaient, peut-être aux moissons ou aux cueillettes, peut-être ailleurs ; aux bonnes villes, aux forêts touffues, aux champs prolifiques, vers les côtes…
Au débouché d’une dernière courbe du chemin, surgissait d’un coup tout le pays du littoral, avec ses champs de fruitiers, ses petits chênes brûlés, ses olivaies, ses pentes et ses rocailles descendant toutes vers la mer, là-bas, proche et lointaine, la mer enfin toute entière, étale et phosphorescente, baignant les flancs de lointains promontoires.
Et tout là-haut, la grande bulle azurée du ciel où tournoyaient les nuées sans poids annonçait la journée décisive, qui se préparait depuis longtemps déjà, et embraserait à nouveau les beaux vêtements de la terre, de cette grande terre bordée de rivages et qui, une fois de plus, succomberait dans la splendeur du jour nouveau.
La grande terre
Pascal VINARDEL
La grande terre
Huile sur toile
H. 130 cm ; L. 195 cm
2020/2022

