La traversée de villes lointaines engendre de ces images retenues longtemps, qui les décrit toutes, car elles ont imprimé en nous les enthousiasmes et les craintes qui nous ont envahis à leur aspect inédit et pourtant étrangement reconnaissable, comme si on y avait jadis vécu.
C’est qu’elles ont toutes dressé les mêmes hautes façades dans le ciel, avec leurs corniches, leurs ferrailles et leurs fenêtres éteintes, creusé les mêmes profondes avenues qui s’ensablent dans d’improbables faubourgs, agencé les mêmes refuges.
Et c’est aussi sans doute ce que nous offre inlassablement l’espace nocturne de ces villes, lourd de vies inconnues qui le hantent en ses alvéoles, au seuil de ses portes ouvertes sur la promesse d’hôtels ou de cafés, où ceux qui errent, peut-être solitaires, trouvent le bienfait de ne plus l’être.
Le boulevard
Pascal VINARDEL
Le boulevard
Huile sur toile
H. 97 cm ; L. 130 cm
2025

